‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 139 sur 362 · Archives 'parlem., t. I, p · texte numérisé non relu

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formes désirables étaient déjà arrêtées dans les conseils de la royauté (c'est la formule consacrée par les adeptes de ce nouveau système) ; que les intentions des privilégiés n'étaient pas moins généreuses que celles de la cour étaient libérales; qu'ainsi nos pères n'avaient rien à faire, rien qu'à attendre, pour devenir les heureux citoyens d'un État modèle, et qu'il a fallu de leur part une dose incroyable de folie pour compromettre des avantages aussi certains. Voici l'occasion de vérifier ce que vaut cette découverte imprévue. Car voici le bilan exact, authentique, officiel des concessions promises par la cour, des sacrifices consentis par les ordres privilégiés dans les derniers jours de 1788. Voici en même temps les limites imposées, du haut du trône, aux espérances de la nation. Et qu'on ne dise pas que nous invoquons là un document douteux et incomplet. Il s'agit d'une délibération solennelle, concertée entre le roi, ses ministres, ses conseillers, à la veille des élections, trois mois seulement avant la réunion des États généraux. C'est la dernière que la France ait connue, avant de manifester sa volonté, avant de prendre une résolution suprême. Le ministre, qui a provoqué ce conseil et qui en formule le résultat, est un ministre populaire, qui s'efforce de calmer les esprits, et qui a la prétention de satisfaire toutes les réclamations qu'il croit légitimes. Suivant l'expression de sa fille, Mme de Staël *, « il tâche de dérober aux députés futurs le bien qu'ils auraient à faire, afin d'accaparer, l'amour du peuple pour le roi. » Dans ce but, il expose complaisamment aux yeux du tiers les avantages qu'il vient d'obtenir : il serait plutôt tenté d'en exagérer que d'en restreindre la portée; mais, cependant, il ne veut tromper personne, et c'est lui-même qui prend soin de dire à la nation : « Voilà

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