‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 147 sur 362 · Hist. de la Rév. fr., t. I, p · texte numérisé non relu

Hist. de la Rév. fr., t. I, p

les grandes crises politiques, les gouvernements les plus habiles sont aussi impuissants à dénaturer la volonté nationale, que, dans les grandes inondations, les meilleurs ingénieurs à arrêter le cours des fleuves. Voyez à quoi ont servi les dispositions spéciales appliquées aux élections parisiennes \ Dans le système adopté par toute la France, aucune ville n'avait droit à une députation particulière, pas même les bonnes villes, qui jadis étaient exclusivement chargées de représenter le tiers état. On les avait toutes amalgamées dans une circonscription rurale, sur laquelle on comptait pour tempérer l'ardeur de leur vote. Paris seul fut admis au bénéfice d'une exception; et encore, à la double condition que les électeurs ne seraient convoqués qu'au dernier moment, trop tard pour que les députés pussent assister à l'ouverture des États, et, de plus, que les opérations électorales seraient soumises à des règles moins libérales que partout ailleurs. « La convocation, ditMichelet^ n'est ni uniforme ni simultanée. Paris, la tête de Ja France, qui devait marcher devant, éclairer et guider, très machiavéliquement est convoqué le dernier, après tous et de façon à n'exercer aucune influence. On alla si loin dans la haine, la défiance contre la grande ville, qu'on eût dû le plus ménager, qu'au 13 avril, le ministère, violant pour elle seule le principe d'élection qu'il avait posé pour toute la France, décida qu'à Paris, il faudrait payer six livres de capitation, pour être admis aux assemblées électorales du tiers. » Tant de précautions n'aboutirent qu'à faire passer Sieyès , qui n'avait pas trouvé de siège en province , Sieyès, qui était à ce moment le plus dangereux ennemi de l'ancien régime.

1. Règlement fait par le roi pour la convocation et la tenue des trois Etats à Paris. Versailles, 13 avril 1789. Lois anciennes, t. XXVIII, p. 657

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