SES SUITES ET SES CONSÉQUENCES
avaient demandé en juillet 1787, et qui alors aurait comblé leurs vœux. En juillet 1788, leurs prétentions avaient grandi. Ils se sentaient assez forts pour régler euxmêmes leurs affaires. Dès que la noblesse apprit l'arrêt du conseil du 2 août, elle se réunit à Grenoble sous la présidence du comte de Morges, et déclara que, sans souci d'une mesure qui ne lui inspirait aucune confiance, elle persistait dans la résolution qu'elle avait prise à Vizille. De son côté, le tiers état, décidément entraîné dans l'alliance des ordres supérieurs, ne dissimula pas qu'il les suivrait à Romans. Il n'y avait plus de doute possible. Brienne, exaspéré de l'insuccès de ses tentatives, revint au système de rigueurs, qui lui avait si mal réussi, sans se demander si les circonstances lui permettaient d'en espérer une meilleure réussite. « Il avait donné l'ordre de faire arrêter Meunier et le comte de Morges, quand il fut lui-même renversé et remplacé par Necker K »
Sa chute épargna au gouvernement la faute de compromettre, dans un nouveau conflit, le peu d'autorité qui lui restait. A vrai dire, il n'avait plus, en Dauphiné, un seul agent auquel il pût confier le soin d'y soutenir une lutte quelconque. Dès le début de la crise, l'intendant de Grenoble s'était effacé devant le commandant de la province. Maintenant, on en était venu à se demander s'il y avait encore un commandant; ou plutôt il y en avait deux, également impuissants, en face de populations hostiles et surexcitées. Voici en effet l'étrange aventure que raconte un auteur digne de foi 2. Le jour où le maréchal de Vaux, piqué au jeu par la conduite provocante des Dauphinois, et pressé par les instructions qui lui étaient transmises de Versailles, voulut agir avec moins de faiblesse, « il rencontra tout à coup