Eodem, n
valent sous la cendre. Ils ne reculaient devant aucune plaisanterie comme devant aucune injure. Désireux d'attirer à tout prix les regards, ils parodièrent les formules ou les prières du culte. Dans ce genre, on remarque \ entre autres, le « Gloria in excehis du peuple, auquel on a joint l'épître et l'évangile du jour, avec la reflexion et la collecte, suivi des litanies du tiers état, par un curé du diocèse d'Auxerre. » Le même auteur y ajouta peu après un « Prône à l'usage de tous les ordres, contenant le Magnificat du peuple, le Miserere de la noblesse, le Deprofundis du clergé, le Nunc dimittis du parlement, la passion, la mort, et la résurrection du peuple, imprimé à Jérusalem. » Enfin, « le petit prône aux roturiers, en attendant le grand sermon aux Français de tous les ordres, par V. M., Fun des prédicateurs du temple de la justice, à Auxerre. » Ce genre de littérature trouva de nombreux imitateurs. Bientôt ce fut à qui s'efforcerait de renchérir sur la violence de ses devanciers. Il en est qui finirent par prêcher, sans détours, le massacre de leurs adversaires. Un des libelles, les plus répandus alors, se terminait ainsi ^ : « Per evangelica dicta deleantur carnifices, magistratus et nobilitas. Amen. Que les paroles de cet évangile nous procurent l'anéantissement des magistrats et des nobles, nos bourreaux. Ainsi soit-il. »
« Ces actes d'impiété et de brigandage », ajoute Sallier, « se vendaient publiquement. Des émissaires les distribuaient gratuitement au peuple. Les libraires les étalaient aux regards du public. On en faisait des lectures dans les cafés, sans la moindre contradiction, sans que l'on pût craindre d'être inquiété. » A la faveur de ce débordement, on vit reparaître un écrit, qui avait
1. Archives parlem., t. I, p. 582. Comparez Catalogue de la Bibl. nat. Lb39, n»» 765, 1077, 1100, HOl.