‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 171 sur 362 · Annales françaises, p · texte numérisé non relu

Annales françaises, p

était facile de prévoir arriva K Les trois ordres ne purent s'entendre. Au lieu d'un seul plan combiné en commun, il y en eut deux, l'un présenté par la noblesse et le clergé, l'autre par le tiers. Dans le plan des deux premiers ordres, les états devaient continuer , poiœ se conformer à rancieiine constitution^ à se composer de trois ordres, trois chambres et trois voix. Le plan du tiers état, copié sur celui que venait d'adopter le Dauphiné, se rapprochait beaucoup de la constitution des assemblées provinciales : les états n'y devaient former qu'une seule chambre, composée de 144 membres : 24 pour le clergé, 48 pour la noblesse, et 72 pour le tiers état. En réponse à cette double proposition, le roi adressa le 31 décembre un message aux états pour les dissoudre. « Les trois ordres, disait ce message, ne se sont pas accordés sur la manière d'organiser les états de la province : le roi se croit en conséquence obligé de s'assurer du vœu général des habitants. Gomme il va se tenir, dans chacun des grands bailliages, une assemblée pour l'élection des députés aux États généraux, ces assemblées, en même temps que leurs cahiers de doléances, exprimeront, par un acte séparé, leur vœu respectif sur la constitution à donner aux états de la province. » Encore une enquête! Encore une consultation! On dirait que la royauté française renonce absolument à prendre sur elle la responsabilité d'une détermination quelconque. D'où vient alors qu'elle ne se borne pas à dire simplement, et à répéter dans tous les cas analogues : Calmez votre impatience, les États généraux vont se réunir, et l'un de leurs premiers soins sera de régler avec moi l'organisation provinciale de toute la France. Sans doute un tel langage lui paraissait trop ferme pour sa faiblesse, trop catégorique pour ses perpétuelles incertitudes.

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