Sallier, Annales françaises, p
souffrir; et tout porte à croire qu'eux-mêmes ont eu la sagesse de ne pas insister pour obtenir une répression plus dangereuse qu'efficace.
Un autre genre de troubles agitait le Languedoc, et, quoique moins graves, ceux-là ne sont pas moins intéressants à connaître. Suivant quelques auteurs, cette province était jadis dotée d'institutions remarquables; elle avait conservé des états organisés sur des bases exceptionnelles. « Les trois ordres », dit M. de Lavergne S « étaient réunis dans une seule assemblée; on y votait par tête et non par ordre, et, comme le tiers état y avait à lui seul la moitié des voix, son influence dominait. C'est cette organisation qui, admirée par Fénelon, et recommandée par les économistes, avait fini par servir de modèle aux assemblées provinciales ». Il se peut qu'à une époque reculée, les états de Languedoc aient rendu de véritables services, et que leur administration, comparée avec le triste régime auquel étaient soumises les provinces voisines, ait fait naître autour d'eux un juste sentiment d'envie. Mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'aux approches de 1789, ils étaient devenus l'objet d'un mécontentement universel. Le signal des attaques, qui se déchaînèrent alors contre eux, partit des classes aristocratiques. La noblesse entre autres se plaignait avec amertume de n'être pas représentée dans leur sein conformément à l'usage généralement suivi en France, puisque les propriétaires de certaines terres, ceux qu'on appelait les titulaires des baronnies, avaient seuls le droit d'y siéger, à peu près comme, en