‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 180 sur 362 · Eodetn, p · texte numérisé non relu

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utile et même nécessaire, et la lâcheté de la plupart des corps, qui régissent nos provinces, par leur autorité ou leur influence, ne conspirera que trop avec l'odieuse prévarication du ministre. Voilà mon inquiétude la plus poignante, qui, mêlée à plus d'un embarras né de la stagnation de toutes les affaires, du mal-être de tous mes amis et de la cessation de presque toutes mes relations ministérielles, ne laisse pas que d'être un tissu de contrariétés et d'angoisses, dont j'ai la tête surchargée. Avec cela ma conduite est et restera simple. J'accepterai le bien public des mains d'Arimane lui-même. Je me tiendrai donc en repos jusqu'à l'assemblée nationale, à moins de quelque grand acte de tyrannie, ou de quelque charlatanisme trop pernicieux, et je tâcherai d'arriver par tous moyens à mon poste de citoyen. Après quoi, vogue la galère! Certes, je ferai mon devoir dans toute son étendue, et quelles que puissent être ses conséquences. »

Vers ce même temps, le major de Mauvillon apprend la réconciliation de Mirabeau avec son père, et il s'en félicite comme d'un heureux événement, à la suite duquel le vieux marquis se relâchera sans doute de ses habitudes de parcimonie et de dureté. « Quoi! mon cher, » lui répond aussitôt Mirabeau S « vous avez cru que la réconciliation de VAmi des hommes avec son lîls entraînait des libéralités, un relâchement quelconque de gênes et de privations! Ah certes, vous vous trompez fort! Il a cru ne pouvoir pas ne point me voir d'après mon épître dédicatoire et mon ouvrage : il est à la campagne ; de temps à autre, il me fait perdre une journée à l'écouter; mais il est à naître qu'il m'ait encore parlé, je ne dis pas de mes affaires personnelles, pécuniaires ou autres, je dis des moyens

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