‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 185 sur 362 · Lettres, p · texte numérisé non relu

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santé! C'était bien là, comme il l'avait déjà dit à sa sœur, et comme il le répète, en finissant, à son ami d'Allemagne, « les convulsions de Turnus expirant ».

La Bretagne sortait à peine de la crise, dont nous avons résumé les péripéties, que déjà les premiers symptômes d'une crise nouvelle commençaient à s'y manifester. Nous avons vu Brienne, aux derniers jours de son ministère, se décidant à faire respecter l'autorité royale trop longtemps méconnue; Louis XVI lui-même, sous le coup d'une vive irritation, témoignant la volonté de prêter main-forte à son ministre ; les députations bretonnes éloignées de Versailles, sans avoir obtenu l'élargissement des gentilshommes retenus à la Bastille; le comte de Thiard remplacé par le maréchal de Stainville; l'ordre aussitôt rétabli dans les rues de Rennes; enfin, la paix, ou du moins une paix apparente, succédant en quelques jours à de longues agitations. Cependant l'aristocratie était loin de renoncer à la lutte. L'un de ses principaux chefs, le comte de Botherel, procureur-syndic des états de Bretagne, continuait à parcourir la province, afin d'y recueillir des adhésions et d'y chercher les éléments d'une prochaine revanche.

Vers le milieu du mois d'août, il se rendit à Quimper. Deux motifs différents l'y attiraient \ D'abord, il voulait se mettre en rapports avec la commission intermédiaire de Cornouailles et stimuler son zèle pour la bonne cause. Ensuite, il tenait à surveiller les agissements d'un fonctionnaire, dont la conduite lui avait été signalée comme celle d'un adversaire implacable. C'était,

1. Duchatelier, ^15^ de la révolution en Bretagne, t. I, p. 68 et suiv.

disait-on, à Tinstigation de cet homme, que les officiers municipaux de Quimper avaient osé prétendre, que, dans toutes les députations bretonnes, le tiers état devait compter, à lui seul, autant de membres que les deux autres ordres réunis K II s'appelait Le Goazre de Kervélégan, et remplissait à la fois les fonctions de sénéchal et de subdélégué. Le fait est que, durant les derniers troubles, il n'avait pas craint de se prononcer hautement contre ceux qui les suscitaient ou qui avaient la faiblesse d'y prendre part. Suivant lui, l'alliance du peuple et de la bourgeoisie avec la noblesse et le clergé était chose monstrueuse, et l'intérêt évident des classes inférieures exigeait au contraire qu'elles s'unissent avec la royauté contre l'aristocratie. Ces doctrines, il était parvenu à les faire pénétrer peu à peu dans l'esprit des populations, qu'il administrait. Dès que l'on connut à Quimper l'arrivée du comte de Botherel et que l'on eut deyiné le double but de sa visite, une vive émotion s'empara des habitants. Pendant trois jours consécutifs, les 15, 16 et 17 août, la ville fut le théâtre de rassemblements tumultueux, et le procureur-syndic se vit contraint de déguerpir au milieu des huées. Plusieurs localités voisines s'empressèrent d'adhérer à cette manifestation. Il est certain, qu'au moins dans ce petit coin de la Bretagne, l'esprit public s'était sensiblement modifié. Loin de saluer les chefs de l'aristocratie comme des libérateurs , désormais les masses étaient plutôt tentées de les poursuivre comme les perturbateurs du repos général.

Peu après survint la chute de Brienne, qui entraînait forcément l'inauguration d'une nouvelle politique. Aussitôt, les députés bretons repartirent pour Versailles; ils y furent accueillis par Necker avec une extrême bien-

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