‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 187 sur 362 · Duchatelier, eodem, p. 7o et siiiv · texte numérisé non relu

Duchatelier, eodem, p. 7o et siiiv

8 octobre à la rentrée solennelle de la oour, et, dès le 11, fut rendu sur son rapport «un arrêt d'information contre la ville de Quimper au sujet des scènes relatives à M. de Botherel ». Mais le gouvernement, qui venait d'accorder à Taristocratie bretonne une amnistie plénière, à raison des troubles qu'elle avait provoqués dans la province, ne pouvait pas aller jusqu'à lui permettre de satisfaire ses rancunes, en exerçant des poursuites contre ceux qui résistaient à son influence. Un arrêt du conseil évoqua l'afl'aire et arrêta les suites de l'incident.

Il n'eût pas été plus sage de réunir les états provinciaux, au milieu de passions si ardentes et si opiniâtres. Brienne, ne songeant qu'à se débarrasser des députations bretonnes, qui assiégeaient Versailles, leur avait bien fait promettre, par le roi S que les Etats seraient convoqués dans les premiers jours d'octobre et statueraient siir toutes les difficultés en litige. C'était évidemment une promesse imprudente, et que Necker, à moins d'un aveuglement impardonnable, ne devait pas ratifier. En vain, Sallier prétend lui faire un crime, d'un acte qui ne mérite que des éloges. « Les états de Bretagne, dit-il *, convoqués pour les premiers jours d'octobre, étaient réservés à devenir le théâtre de scènes déplorables de discorde et d'anarchie ; mais il fallait du temps encore pour aigrir les esprits sans retour et rendre tout rapprochement impossible. Necker retarda successivement cette réunion jusqu'à la fin de décembre, et ce temps fut mis à profit. » C'est lui supposer des machinations indignes de son caractère et bien éloignées du désir de conciliation, dont il était sincèrement animé. Par cela seul que les États de Bretagne paraissaient destinés à devenir une arène de discorde, on conçoit qu'un ministre honnête se soit fait un devoir de les

Page 1