Sallier, Annales françaises, p
Tune des bases de sa politique. Eu égard à la nature exceptionnelle des circonstances, il avait pensé que la presse devait jouir d'une liberté également exceptionnelle. Cette règle, il l'avait déjà fait prévaloir à Paris, et dans le reste de la France. Pourquoi n'aurait-elle pas été appliquée à Rennes aussi bien que partout ailleurs? Pourquoi laisser au parlement de Bretagne le fâcheux privilège de satisfaire ses rancunes particulières, en qualifiant arbitrairement de libelles, tout écrit qui choquait ses opinions ou froissait ses intérêts?
Au milieu de ces débats. Tannée 1788 touchait à sa fm, et Necker ne pouvait différer davantage la réunion des états provinciaux, s'il voulait obtenir d'eux le renouvellement ordinaire des impositions royales, pour la durée de l'exercice suivant. Il les convoqua donc pour le 29 décembre. Evidemment cette mesure allait contraindre l'intendant de la généralité de rejoindre son poste. Bertrand deMolleville le comprit, et préféra se démettre de fonctions * que jusqu'alors il conservait à peu près malgré lui. On lui donna pour successeur M. Dufaurede Rochefort. C'était un homme que Sallier lui-même représente « comme plein de franchise et d'un véritable amour de bien public » \ Nouvelle preuve du désir qu'avait le gouvernement de maintenir la paix entre les ordres! A lui seul, ce choix proteste contre les calomnies, à l'aide desquelles on s'efforce de dénaturer les dispositions de Necker.
Toutes les fois qu'on examine les institutions de l'ancien régime, il est prudent de se défier des appa-