‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 196 sur 362 · Annales françaises, p · texte numérisé non relu

Annales françaises, p

rences. A ne juger des états de Bretagne que sur le titre qui les décore, on dirait une assemblée, plus ou moins représentative, grâce à laquelle les droits et les intérêts delà province entière étaient sûrs de trouver une garantie, une sauvegarde. Dès qu'on étudie les choses avec plus de soin, on s'aperçoit qu'au lieu d'une garantie, il n'y avait là qu'une source d'abus, au lieu d'une sauvegarde, un instrument d'oppression. Le premier arrêt du conseil *, qui en ait fait espérer la tardive réforme, ne cite qu'un trait de leur organisation, mais celui-là suffit pour donner une idée du reste. « Sa Majesté, y est-il dit, a vu que le nombre des représentants du tiers état était de quarante-deux, et qu'aucun n'était choisi librement par les communautés, tandis que tous les gentilshommes avaient entrée aux états, et qu'ils s'y trouvaient à la dernière séance au nombre de douze cents. » On se demande, avec une profonde surprise, comment un pareil état de choses avait pu subsister si longtemps. Bien d'autres sujets de plainte contribuaient à déchaîner contre les états de Bretagne les récriminations des juges impartiaux. « Le tiers état », dit un auteur contemporain % « n'y était pas représenté, car il ne pouvait pas regarder comme ses mandataires, des officiers municipaux qui avaient acheté du roi un droit, que le monarque n'a pas lui-même, et qu'on ne peut recevoir que du choix libre de ses commettants. Le clergé du second ordre était exclu des états, et la noblesse entière y venait depuis près de deux siècles, par le seul droit de sa naissance. Les voix se comptaient par ordre, il est vrai,, mais l'unanimité n'était requise qu'en matière d'impositions : dans toutes les autres affaires, deux ordres faisaient la loi, et les privilégiés se réunissaient presque toujours contre la classe nombreuse du

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