Eqdem, p
tenue des états... On sentit de part et d'autre, que cette nomination de commissaires, si indifférente en apparence au fond des grandes questions qui divisaient les ordres, allait décider du sort de leurs prétentions réciproques. Aussi la noblesse et le clergé réunirent-ils tous leurs efforts pour contraindre le tiers à franchir ce pas décisif. Mais celui-ci se maintint avec une fermeté inébranlable dans le système d'inaction qu'il avait adopté, opposant la force d'inertie à la force combinée de ses puissants adversaires; et ni les instances des privilégiés, ni les ordres même des commissaires du roi, ne purent le faire chanceler. »
En face d'une résolution si ferme, le commandant de la province s'empressa de demander à Paris de nouvelles instructions. Ce n'était plus le marquis de Stainville, qui s'était retiré dès que sa présence n'avait plus paru indispensable pour le maintien ne l'ordre. M. de Thiard avait aussitôt repris sec fonctions, et il les remplissait avec sa faiblesse et son incertitude ordinaires. Le 7 janvier, il revint à la salle des états, porteur d^un* arrêt du conseil, en date du 3, qui suspendait le cours de la session jusqu'au 3 février suivant. Cet arrêt était ainsi conçu : « Le roi S informé du refus que font les députés du tiers état de la province de Bretagne de délibérer sur aucune affaire, et notamment sur une grande partie des demandes de Sa Majesté, en se fondant sur les restrictions apportées dans le cahier de leurs charges, Sa Majesté aurait pu dans sa justice casser les délibérations des villes, qui se sont permis de lier ainsi, contre les lois et les usages de la Bretagne, le vœu de leurs députés ; mais Sa Majesté étant instruite de l'esprit de dissension, qui règne dans la province, et qui vient de se manifester à l'ouverture des états d'une
L Arch, pari., t. T, p. o42.