‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 2 sur 362 · Biblioth. nat., Lbs», n · texte numérisé non relu

Biblioth. nat., Lbs», n

Sous ce rapport, Barnave est un précurseur. Il a devancé ses compatriotes, y compris Meunier. Ensuite il explique par quels motifs les concessions apparentes du ministère, pas plus celles de 1788 que celles de 1787, ne sauraient consoler le parti libéral de la perte dont il est menacé. On a beaucoup célébré l'institution des assemblées provinciales. « Ces assemblées », dit-il, « utiles sous les auspices et Tautorité des Etats généraux, rectifiées dans leur forme, et revêtues du nom constitutionnel d^états provinciaux, ne peuvent qu'être à charge ou dangereuses sous le régime actuel. » Le gouvernement n'est-il pas « maître à tout moment de les détruire? » Il les gardera tant qu'il aura chance d'en tirer quelque profit, tant qu'il trouvera moyen de s'en servir contre le peuple. Dès qu'elles le gêneront, il s'en débarrassera sans le moindre scrupule. Sous le régime que subit la France, il n'y a vraiment qu'une garantie sérieuse et qui vaille la peine d'être défendue : les parlements. Et encore pourquoi? « C'est ce corps, qui, lorsque la liberté mourante, après une longue interruption des assemblées nationales, est près de s'abîmer sous la tyrannie, conserve seul dans son sein le germe qui les fera renaître. » Là est, suivant Fauteur, le nœud de la question. Il faut avant tout obtenir la convocation des Etats généraux, et des Etats généraux « rectifiés dans leurs formes ». Dans ce but, il est indispensable de sauver les parlements. Eux seuls ont arraché au gouvernement une promesse féconde. Eux seuls sauront le contraindre à tenir ce qu'il a promis. Telle est la brochure de Barnave. Par une étrange coïncidence elle parut à Grenoble le jour où éclata, dans cette ville, l'insurrection du 7 juin *. Sans doute, elle ne contribua en rien à l'explosion des violences populaires. Mais elle

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