‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 3 sur 362 · Barnave, Œuvres, t. I, p · texte numérisé non relu

Barnave, Œuvres, t. I, p

servit à développer, dans Tesprit de la bourgeoisie, des idées dont l'effet n'allait pas tarder à se faire sentir.

En apprenant l'arrêté du 20 mai, Brienne, trompé dans son espoir de conciliation, riposta au déiî des magistrats, par des lettres de cachet, leur ordonnant de partir immédiatement pour l'exil, chacun dans la résidence qui lui était assignée. Ces lettres furent remises à leur adresse dans la matinée du 7 juin. Il faisait un temps d'émeute, d'une chaleur étouffante ^ Vers dix heures, « les avocats et les procureurs, rassemblés en costume noir ^ », traversent la ville sous prétexte d'aller rendre visite au premier président avant son départ. La foule se précipite sur leur passage et les salue de bravos enthousiastes. Bientôt, après les curieux inoffensifs, arrivent les émeutiers, dont la fureur va sans cesse croissant. « Toute la cléricature du palais est distribuée dans les places, dans les rues, et dans les maisons de Grenoble. Un procureur dirige les mouvements. On répète partout que si le parlement est enlevé à la ville, elle sera réduite à la misère. On ferme les boutiques... Toutes les cloches sonnent le tocsin. La populace se partage alors en divers attroupements. Les uns vont aux différentes portes, les ferment et s'emparent des clefs, malgré la garde doublée par le commandant. D'autres vont chez le premier président et chez tous les magistrats saisir leurs malles, leurs voitures, et, avec des menaces, douces pour ceux qui les recevaient, défendre à tous les exilés de partir. Quelques-uns sont chargés d'aller tenir en respect les corps de garde dis-

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