‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 215 sur 362 · Page · texte numérisé non relu

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suivre un juste milieu. Ils recommandèrent aux électeurs, nous l'avons vu dans la brochure de Sieyès, de laisser aux représentants une latitude suffisante pour l'accomplissement de leur tâche, et, en même temps, de leur remettre des cahiers rédigés avec assez de soin, pour leur servir de guide et d'appui. Quelques-uns même, nous le savons déjà, ne dédaignèrent pas de mettre le concours de leurs lumières au service des rédacteurs. Au surplus, le souvenir de l'ancien usage s'était perpétué dans l'esprit des populations. « On était encore pénétré de respect pour les cahiers de doléances *. » A la lecture de la lettre du 24 janvier, une animation extraordinaire s'empara de toute la France. Ce fut à qui, grands et petits, se mettrait à la tâche, et s'empresserait, chacun dans sa sphère, de contribuer à l'œuvre commune. De là un véritable monument de la pensée nationale, monument qui n'a d'analogue, dans aucun temps, ni dans aucun pays ; que l'on peut étudier avec la certitude d'y trouver une mine inépuisable d'indications précieuses sur les hommes et sur les choses de cette époque, et dans lequel la nôtre pourrait elle-même puiser plus d'un enseignement profitable.

Cependant une certaine école historique paraît avoir entrepris d'amoindrir l'intérêt qui s'attache aux cahiers, ou, du moins, à ceux du tiers état, sous prétexte qu'ils ne sont pas le produit d'un mouvement libre et spontané de l'opinion populaire, mais qu'ils sont copiés presque tous sur des modèles, dressés d'avance par les meneurs, et imposés par leurs agents à la docilité de

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