Eodem, p
mes, maximes, institutions abusives ou surannées. Tout ce que l'expérience et la raison publique vous dénoncent comme proscrit, gardez-vous de le défendre : mais n'ayez pas l'imprudence de livrer aux hasards d'une délibération tumultueuse les bases fondamentales de l'autorité royale. » Quant aux élections, « vous avez, disait-il S par la police, par les intendants, par les procureurs du roi dans les tribunaux, les moyens de connaître les hommes , de les choisir, tout au moins de diriger les choix... A Dieu ne plaise que je vous propose de corrompre, de séduire et d'influer par des voies iniques sur les élections! Vous avez besoin au contraire des plus honnêtes gens, des plus éclairés, des plus énergiques. Ce sont ceux-là qu'il faut mettre en avant et sur lesquels il faut diriger les choix. » Malouet eut, sur ce double sujet, de nombreuses conférences avec Necker, assisté de Montmorin. La plupart du temps, ce dernier appuyait le système de Malouet, tandis que Necker l'accueillait avec une répugnance visible. Un jour, l'archevêque de Bordeaux, Champion de Gicé, celui qui allait bientôt devenir ministre, assistait à l'entretien. « Il avait, » dit Malouet, « plus de force dans le caractère qu'aucun des ministres d'alors. » Ce n'était pas un homme à encourager l'inertie^ dans laquelle se traînait le gouvernement de Louis XVI. Il se prononça énergiquement en faveur d*une marche plus nette et plus efficace , mais sans convaincre le directeur général , parfaitement résolu d'avance à ne pas céder sur ce point. Cependant Malouet ne se découragea pas. A différentes reprises il revint à la charge. « Concevez-vous » , disaitil aux ministres, « la moindre apparence d'ordre et de raison dans une réunion de douze cents législateurs, tirés de toutes les classes, sans expérience, sans habitude de discussion et de méditation sur les objets importants