Arch. pari., t. II, p
parfaitement tranchée et qui frappe l'observateur le moins attentif. Les uns, ceux de bailliages, placent au premier rang de leurs préoccupations, l'organisation politique de l'ancien régime, le vice de ses institutions représentatives, et la nécessité de leur faire subir des réformes profondes. Les autres, ceux de paroisses, envisagent de préférence les abus sociaux du régime féodal : ils s'acharnent à dénoncer les misères, dont souffrent les paysans et dont ils prétendent être débarrassés au plus tôt. En d'autres termes, les uns tendent à provoquer la révolution du 14 juillet 1789, les autres réclament déjà celle du 4 août. Mais il n'en faudrait pas conclure que les électeurs de bailliage fussent hostiles à la révolution du 4 Août, pas plus que ceux de paroisse se montrassent contraires à la Révolution du 14 juillet. La différence de leur attitude n'accuse que le résultat nécessaire des différences de position, d''habitudes, de genre de vie, et aussi d'instruction et de connaissances respectives. C'était, il faut en convenir, une tâche fort au-dessus d'humbles campagnards, que celle d'émettre une opinion réfléchie sur les grandes questions politiques, qui s'agitaient autour d'eux. S'ils avaient l'occasion de se procurer un modèle de cahier qui leur convînt, ils ne se faisaient aucun scrupule de s'y référer, quant aux points qui excédaient leur compétence. S'ils ne trouvaient ni modèle ni guide, ils avaient le bon sens de comprendre, que, sur tous ces points, leur intérêt était exactement le même que celui des classes éclairées du tiers état, et ils s'en rapportaient à elles avec autant d'abandon que de confiance. Ecoutez à ce propos les sages réflexions d'une petite paroisse du bailliage de Nevers, celle d'Asnan K Elle s'exprime ainsi dans un Mémoire qu'elle joint à son cahier officiel : « Les députés à l'assemblée de Nevers