‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 226 sur 362 · Arch. parl.y t. IV, p. 261 et suiv · texte numérisé non relu

Arch. parl.y t. IV, p. 261 et suiv

ont fait ou plutôt fait faire un cahier de doléances sans avis préalable de la paroisse. Ils l'ont lu rapidement, dans une assemblée de paroisse et l'ont fait signer. Ces doléances ne roulent que sur des objets généraux, sur les grands objets de l'administration, comme lesannates, les aides, les gabelles, etc. On n'y parle d'aucun des abus qui régnent dans la paroisse, d'aucune des vexations, qui s'y commettent impunément, de rien de ce qui l'intéresse elle-même, indépendamment de l'intérêt qu'elle peut prendre à l'administration générale. C'est dans ce Mémoire-ci, que la paroisse expose librement ses véritables doléances sur les objets particuliers qui l'intéressent, se reposant de la réforme des abus généraux, que toute la nation connaît, sur les grands personnages, qui en sont chargés. » A l'autre extrémité de la France, dans la sénéchaussée d'Aix, à Roquefort, les mêmes sentiments conduisent aux mêmes conclusions. Après s'être expliqué sur les besoins de la paroisse, un peu sur ceux de la province, le cahier de ce modeste village * ajoute : « Quant à tout ce qui concerne les états généraux, la réformation de tous les grands abus qui intéressent la généralité du royaume, cette communauté se réfère aux suffrages, qui seront portés par les députés du tiers état, plus et mieux instruits qu'elle à ce sujet. » De même qu'il ne faudrait pas voir une indifférence systématique, dans la sage et juste réserve que certains rédacteurs des cahiers de paroisses montrent sur des questions politiques, dont la portée dépasse leur intelligence ou leurs lumières; de même, il serait injuste d'imputer à des vues d'intérêt personnel la modération ou mêrhe la froideur, avec lesquelles les classes élevées du tiers état dénoncent les abus du régime féodal. On les en a pourtant accusées, sous prétexte qu'un grand

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