Arch, pari., t. V, p
VOTE PAR ORDRE OU PAR TETE 45d
tent qu'ils les désavoueront et qu'ils leur retireront leurs pouvoirs, s'ils contreviennent aux prescriptions ci-dessus. C'est un rôle en quelque sorte négatif qu'ils leur imposent. Que serait-il advenu, si d'autres n'avaient pas imaginé quelque moyen plus efficace? Aussi, malgré l'habitude contractée dans une foule de provinces de se modeler sur l'exemple des Dauphinois, je ne rencontre que deux ou trois cahiers, ceux d'Amiens, de Gharolles et de Forcalquier, où l'on ait adopté leur manière de voir, en ce qui touche le vote par tète.
Dans une troisième catégorie de cahiers, nous apparaît une solution bien autrement pratique. Celle-là permettait d'atteindre au résultat désiré, et qui mieux est, d'y atteindre sans s'écarter des limites d'une légalité rigoureuse. C'est sans doute ce dernier avantage qui lui assure partout de nombreuses adhésions. En voici quelques exemples. Cahier du tiers état du bailliage de la Montagne (Châtillon-sur-Seine) * : « Si les deux premiers ordres refusent d'opiner par tête, comme il est beaucoup de leurs membres, qui se rendent à la justice de la réclamation du tiers, celui-ci demande que ses représentants se réunissent aux membres des deux premiers ordres, qui auraient consenti d'opiner par tête, et que tous ensemble, ou même le tiers étant seul, se retirent par-devant le roi, pour supplier Sa Majesté de traiter avec eux, comme représentant réellement et légalement le corps national. Ce parti pourrait être le seul convenable pour empêcher la dissolution des États généraux au moment de leur ouverture. » Cahier général du tiers état de la sénéchaussée de Dax ou des Lannes ^ : « Que, si les deux ordres du clergé et de la noblesse ne voulaient pas accéder à la demande du tiers, pour rendre les délibérations communes, les députés du tiers... protestent
i. Archives pari., t. II, p. 710.