‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 249 sur 362 · Arch. pari., t. V, p · texte numérisé non relu

Arch. pari., t. V, p

français fasse seul les États généraux, comme constituant seul, avec le roi, la nation. » Ce n'est pas seulement dans les chefs-lieux de bailliage ou dans quelques grandes villes qu'on rencontre tant de hardiesse. Souvent les assemblées primaires de village en ont donné l'exemple. Voyez, entre autres, le cahier de deux petites communautés réunies de la sénéchaussée de Limoux, Saint-Quintin et Gayra K Elles réclament le vote par tête, sans s'effrayer le moins du monde de la résistance des ordres privilégiés, et elles ajoutent : « Ce n'est que dans son délire que la noblesse nous menace de faire scission avec nous et d'annuler par ce moyen l'assemblée des États généraux. Mais, comme ce n'est point la masse des dignités et des richesses, qui fait la légalité d'une assemblée nationale, mais la masse des individus, si la noblesse s'en excluait elle-même, l'assemblée ne serait pas plus illégale que si l'ordre des avocats ou des procureurs refusait d'y entrer. Elle serait obligée d'obéir à la loi consentie par la majorité de la nation. » Cette fois , voilà une solution nette. Venez, si vous voulez, prendre votre place sur les bancs de l'assemblée nationale; sinon elle se passera devons, ni plus ni moins que s'il s'agissait de l'ordre des avocats ou de celui des procureurs.

Gomment se fait-il qu'aujourd'hui certains auteurs reprochent aux députés du tiers état d'avoir outrepassé leurs pouvoirs, le jour où, désespérant de ramener les ordres supérieurs à une fusion volontaire, ils ont pris le parti de les y contraindre, en se constituant d'eux-mêmes sous la forme d'assemblée nationale. Parmi les cahiers dont ils étaient porteurs, c'est à peine si deux ou trois les autorisaient à passer sous les Fourches Gaudines du vote par ordre. Tout le reste leur faisait un devoir

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