Eodem, p
qu'un pareil projet, s'il existe, tend à Tanéantissement de toute la noblesse du royaume ; que, depuis les princes du sang jusqu'au dernier des gentilshommes, il n'y a aucune distinction de droit; que, depuis le commencement de la monarchie, tout le corps de la noblesse, sans exception, a eu le droit de concourir à la promulgation des lois du royaume; qu'une chambre, ainsi formée, augmenterait, loin d'affaiblir, la funeste influence des grands, première et presque unique source des malheurs qui accablent le royaume, a arrêté unanimement : P Que ses députés aux États généraux ne pourront écouter, sous aucun prétexte, aucune proposition qui aurait pour objet la formation d'une chambre particulière de la noblesse, dont les sièges deviendraient héréditaires dans certaines familles, en ôtant ainsi à tout le corps de la noblesse le droit d'élection et d'éligibilité qui lui appartient ; 2° qu'elle déclare traîtres à la patrie, non seulement ceux qui siégeraient dans une chambre ainsi formée, mais aussi ceux qui consentiraient à sa formation. » Il était difficile de proscrire avec plus de véhémence le système suivi en Angleterre, et de révéler, avec plus dp naïveté, la cause de l'aversion égoïste, qu'il inspirait à l'immense majorité des gentilshommes de province.
La noblesse de Mantes entre dans des développements moins longs et pourtant sa pensée n'en est pas moins claire : elle prescrit * à son député « de s'opposer formellement à ce qu'il soit établi, dans l'assemblée nationale, aucune chambre composée de membres héréditaires ou à vie ». Enfin la noblesse de la Touraine résume ses vœux de la manière suivante ^ : « La noblesse des bailliages de Touraine, convaincue qu'il ne peut exister de monarchie sans noblesse, charge ses députés aux