Arch. pari., t. VI, p
l'égalité devant l'impôt 491
les citations qui précèdent. « Si jamais, dit-il, contre toute attente, les communes, égarées par des instigations fâcheuses, formaient des demandes attentatoires à la propriété , et , peu satisfaites de la déclaration des deux premiers ordres, qui se soumettent à supporter en parfaite égalité tous les impôts pécuniaires, elles proposaient des décrets injustes, qui eussent pour but la violation des propriétés, telles que le rachat forcé des censives, la conversion des prestations en grains en prestations pécuniaires (!), il est enjoint, en ce cas, aux députés de déclarer qu'ils ne peuvent assister à aucune délibération à ce sujet; que les États généraux, conservateurs suprêmes des propriétés , ne peuvent permettre qu'on délibère s'il sera permis de les dilapider ; et qu'ils ajoutent, à cette déclaration, une protestation spéciale, contre tout ce qui sera délibéré à cet égard. Gela fait, les députés se retireront et annonceront que la volonté de leurs commettants, en se soumettant à supporter en parfaite égalité tous les impôts, n'ayant été autre que de rendre justice au peuple, dans l'espoir qu'il respecterait lesdits droits de propriété, et cette attente ayant été énoncée comme condition nécessaire à la renonciation de tous privilèges pécuniaires, l'ordre de la noblesse réclame, dès ce moment, tous ses privilèges et ne veut se dépouiller d'aucun , jusqu'à ce que les communes aient sanctionné que les propriétés sont inviolables et hors de toute atteinte. » Eh bien! le croirait-on? Cette longue tirade a été sans doute rédigée par le comte d'Entraigues, l'auteur du mémoire célèbre sur les États généraux. C'est en effet lui qui remplissait les fonctions de secrétaire de l'ordre de la noblesse, à l'assemblée du bailliage de Villeneuve-de-Berg. Nous avons vu, avec quelle véhémence républicaine, il poursuivait