‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 271 sur 362 · Arch. pari., t. III, p · texte numérisé non relu

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le triomphe de la liberté. Son ardeur n'était pas moins grande, quand il s'agissait de combattre l'égalité : et si un gentilhomme aussi intelligent que lui ne voyait dans une telle conduite aucune contradiction fâcheuse, combien d'autres, à cette époque, étaient frappés du même aveuglement, sans être retenus par le moindre scrupule?

En même temps que la noblesse entraînée malgré elle à des renonciations, qui coûtaient autant à son orgueil qu'à sa bourse, tentait de les subordonner à des conditions impossibles, elle essayait encore d'échapper au principe d'égalité par une foule d'autres moyens. Elle demandait que les gentilshommes cultivateurs, les gentilshommes pauvres, tantôt ceux-ci, tantôt ceux-là, fussent en tous cas exempts de l'impôt devenu commun ou ne le supportassent qu'en partie. De là, ce que Sieyès*, avec sa mordante ironie, appelait le « couplet du mendiant ». Il paraît que, depuis plusieurs années, les privilégiés avaient fait un large usage de ce système de dégrèvement soi-disant humanitaire. Sieyès espérait en vain, qu'eu égard à la gravité des circonstances, ils cesseraient d'y avoir recours. Necker, qui ne savait comment les dédommager du sacrifice qu'il attendait de leur bon vouloir, pour équilibrer son budget, les avait lui-même encouragés à suivre leurs anciens errements. Dans son rapport au conseil ', il n'avait pas craint de leur donner l'assurance que le roi désirait « que, dans l'examen des droits et des faveurs, dont jouissent les ordres privilégiés, on montre des égards pour cette partie de la noblesse, qui cultive elle-même ses champs, et qui souvent, après avoir supporté les fatigues de la guerre, après avoir servi le roi dans ses armées, vient encore

1. Essai sur les privilèges, dans l'édition de la brochure Qu'est-ce que le tiers état? publiée avec les notes de l'abbé Morellet, p. 46.

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