‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 293 sur 362 · Tome II, p. 198, 214, 223, et passim · texte numérisé non relu

Tome II, p. 198, 214, 223, et passim

raisonnables,., que des lois expresses les devraient restreindre ». Rapprochez de déclarations si affirmatives, celle de Necker, dans son Histoire de la Révolution française, à propos de l'inutilité du cens électoral, dans nos campagnes, en 1789. Rappelez-vous « cette immensité de petites propriétés rurales », dont il nous signale l'existence comme un trait caractéristique de l'ancienne France, un trait assez saillant pour influer sur les déterminations d'un homme d'État; ce sont là déjà deux témoignages dignes de foi, qui se confirment et se corroborent. Les cahiers vont y ajouter encore quelques preuves, qui valent la peine d'être recueillies.

On lit, dans celui de la paroisse d'Asnan, au bailliage deNevers S l'observation suivante : « La paroisse d'Asnan n'a aucun fond de communauté. Si, avec la charge des impôts et la charge encore plus grande de la justice, elle n'est pas une des plus misérables du royaume, c'est que le peuple y est laborieux, économe, vivant de peu ; c'est aussi que les propriétés sont divisées entre les habitants, et qu'il n'y a dans la paroisse aucun grand propriétaire, pas même le seigneur, qui n'y jouit que de droits honorifiques ^. » Une foule d'autres seigneuries présentent le même tableau. Tout le sol appartient aux paysans; on n'y rencontre aucun grand propriétaire. Le seigneur lui-même n'y possède que sa directe, plus ou moins lourde suivant les cas : il n'y est pas du tout propriétaire % au sens moderne du mot. Dans le cahier de

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