Droz, Histoire de Louis XF/, t. II, p
4. Voyez les Lettres de Lafayette et de Mirabeau, citées dans la suite de ce chapitre.
qu'ils se trouvaient encore réunis en assemblée générale, et, par conséquent, à même de revenir sur les résolutions qu'ils venaient de prendre. Etait-ce donc un crime que de leur dire : « Vous voulez refuser au gouvernement le secours pécuniaire, dont il ne saurait se passer; vous aussi, comme les parlements, comme la noblesse, vous réclamez la convocation immédiate des Etats généraux, dans lesquels vous vous flattez d'accaparer une influence prépondérante : eh bien ! vous vous trompez sur ce point, vous oubliez que le tiers état a des droits à faire valoir, qu'il ne manquera pas de les invoquer, et que désormais, le roi, poussé à bout par votre conduite, n'entend plus sacrifier l'immense majorité de ses sujets à vos injustes prétentions? » La menace était assez sérieuse pour donner à réfléchir au clergé de France. A qui la faute, si, après l'avoir provoquée par ses remontrances, il négligea d'en tenir compte? Il resta en session jusqu'au 27 juillet. Il eut le temps de modifier la rigueur de ses décisions primitives, et il se sépara, sans avoir rien voté qu'un secours dérisoire S emportant, avec la dernière espérance de Brienne, le dernier scrupule qui l'avait jusqu'alors retenu. En face d'un aveuglement si étrange, on serait tenté de croire que le clergé, comme en général les privilégiés de toute classe, n'attachaient pas plus d'importance aux menaces du ministère qu'à ses promesses. Ils comptaient l'avoir renversé avant les premiers mois de 1789, c'està-dire avant l'époque où les résultats de la nouvelle enquête devaient être soumis à l'approbation du roi. Alors ils se croyaient sûrs de ressaisir sur l'esprit de Louis XVI l'influence qu'ils avaient momentanément perdue, et d'obtenir de sa faiblesse un règlement conforme à leurs intérêts.