Lavergne, Ass. prov., p
haut clergé s'abstint généralement, les curés de campagne firent tout ce qu'ils voulurent... La noblesse avait d'abord déclaré qu'elle ne se rendrait pas aux élections, mais elle se ravisa. Elle avait surtout pour but d'écarter le prince de Saint-Mauris, qui succomba à Besançon, devant M. de Grosbois, premier président du Parlement. Cette petite victoire fut la seule qu'obtint le parti de la résistance \ » Tout le reste de la députation Franc-Comtoise peut être comptée parmi les plus dévouées aux idées nouvelles.
En Provence, le tiers état lui-même hésita quelque temps à accepter le Règlement du 12 mars. Il réclamait en faveur des assemblées communales de Lambesc le droit de députation, que l'aristocratie prétendait faire attribuer aux États particuliers. Nouvellement revenu de Paris, Mirabeau s'effraya de cette tendance, et ne crut pas inutile de la combattre.- Le 13 mars 1789, il fit paraître à Aix une brochure intitulée : Opinion du comte de Mirabeau sur le règlement donné par le roi^ pour l'exécution de ses lettres de convocation aux prochai?is États généraux, dans le comté de Provoice ^ Que Mirabeau fût hostile au vieux système, qui livrait les élections à ces mêmes états, dont il venait d'être exclu : rien de plus naturel . Il était sûr de n'être jamais nommé par eux, et il comptait bien l'être par le suffrage direct. Mais, à part cette question d'intérêt personnel, il est curieux de voir comment il développe son avis et sur quels arguments il s'appuie. D'abord, il approuve sans réserve le préambule du règlement, dans lequel il retrouve les doctrines, qu'il a soutenues le premier devant les Etats, et qui ont soulevé contre lui l'animadversion de la noblesse. « Les voilà donc, s'écrie-t-il, ces principes que les ordres privilégiés dénonçaient