‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 320 sur 362 · Il ne fut nommé que député suppléant · texte numérisé non relu

Il ne fut nommé que député suppléant

Lucas de Montigny, dans ses Mémoires S a démontré jusqu'à la dernière évidence la fausseté de l'anecdote. La vérité est que Mirabeau n'eut besoin d'aucune intrigue pour gagner les suffrages du tiers état de Provence. Dès son premier voyage, il les avait conquis par l'énergie de sa lutte contre la noblesse et par l'éloquence de ses fameuses apostrophes à l'aristocratie. Lorsqu'il revint de Paris, après s'être assuré qu'il n'avait à craindre aucune poursuite personnelle, à raison de son livre sur la Prusse, il fut reçu avec les démonstrations d'un vif enthousiasme. « A Aix % la jeune bourgeoisie lui assigna une garde d'honneur; à Marseille, sa voiture fut traînée par le peuple. Pendant son séjour dans cette ville, des feux de joie et des danses perpétuelles lui donnaient, sous ses fenêtres, le spectacle de l'allégresse publique. On lui destina une place particulière à la comédie. Enfin, on lui posa une couronne sur la tête au milieu des plus vives acclamations. » Pendant ce temps, il publiait ses observations sur le nouveau règlement électoral et faisait entendre à ses concitoyens le langage de la raison et de la sagesse. Aussi lorsqu'après son départ de Marseille, une effervescence affligeante % provoquée par la cherté des vivres, éclata dans cette ville, c'est à lui que le gouverneur de la province crut devoir s'adresser pour rétablir l'ordre. Le 20 mars 1789, M. de Garaman lui écrivit une lettre dans laquelle il le suppliait d'intervenir, comme étant le seul homme capable d'imposer aux masses populaires. Le premier mouvement de Mirabeau fut de répondre * qu'il renonçait à calmer l'effervescence de Marseille,

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