‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 333 sur 362 · Mémoires, t. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. I, p

à Paris fort mécontent de moi, de mes concitoyens, et des ministres, qui nous précipitaient dans cet abîme. » Son premier soin fut de rendre compte de ses impressions à Necker et à Montmorin. En somme, il partageait les idées de Saint-Simon, sans connaître ses Mémoires, Ce qu'il demandait avec insistance aux ministres, c'était de prendre la direction du mouvement, c'était de jouer le rôle qui appartient à tout gouvernement régulier, surtout dans les périodes de crise.

Et d'abord, en ce qui touchait la question de la vérification des pouvoirs, « dont l'abandon, fait par le roi, fut, dit-il S le premier brandon de discorde jeté au milieu de nous, » Malouet ne comprenait pas qu'elle fît l'objet d'une difficulté sérieuse. « Qui pouvait contester au roi le droit de vérifier les pouvoirs des députés, qu'il avait appelés et qui devaient lui être présentés en cette qualité? N'était-il pas naturel qu'avant cette présentation, il fît constater s'ils avaient été élus suivant les formes qu'il avait prescrites, sauf à renvoyer à une commission des États généraux le jugement des élections contestées? » Quant à la question du vote par tête, elle ne semblait guère plus embarrassante à Malouet. N'étaitelle pas implicitement tranchée par le fameux résultat du conseil? Pourquoi se retrancher derrière de vaines équivoques? Puisqu'on avait commencé de céder à Topinion générale, il fallait aller jusqu'au bout, donner aux communes une satisfaction qu'on n'était plus assez fort pour leur refuser, et vaincre la résistance des deux autres ordres, en leur garantissant le maintien de celles de leurs prérogatives qui n'étaient pas ouvertement contraires à l'intérêt public.

Après avoir réglé, sans retards et sans discussions irritantes, ces deux questions préliminaires, on n'avait

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