‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 334 sur 362 · Eodem, p · texte numérisé non relu

Eodem, p

pas à chercher bien loin ce qu'il convenait de faire ensuite. « Le plus grand nombre des cahiers, ajoute Malouet *, se rapportaient aux miens; je voulais qu'on en fît le dépouillement, et qu'on considérât comme un fait acquis cette majorité de vœux. » Sur ce point, Malouet commettait une légère erreur. Dans les 'cahiers du tiers état, il y en avait fort peu qui se rapportassent à ceux de Riom, et, dans les deux autres ordres, on se heurtait à des prétentions vraiment inadmissibles. Néanmoins il est certain que l'immense majorité des cahiers ne dépassait pas des limites raisonnables ; que des ministres habiles auraient pu s'en servir pour dresser, au nom de la France elle-même, la charte du régime nouveau, et qu'avec des ménagements, des concessions, des sacrifices devenus nécessaires, peut-être seraient-ils parvenus « à raffermir l'autorité royale, » ou du moins « à lui éviter la chance d'un nouvel ébranlement ^ ». Pour assurer la réussite de ce système, on devait bien se garder d'attendre la réunion des États généraux. Il importait, au contraire, de se présenter à eux avec une charte toute prête, et d'aviser au moyen de la leur faire consentir, comme si elle émanait de leurs commettants. Malouet n'entrait pas à ce propos dans les détails de la « mécanique à observer ». Seulement sa conduite ultérieure prouve qu'en cette matière, comme sur les autres, il ne désavouait aucune des doctrines professées par Saint- Simon.

A des conseils si précis, Necker ne répondait que par des déclarations évasives. Sa froideur calculée ne découragea pas Malouet. Celui-ci revenait sans cesse à la charge, tantôt avec l'assistance de l'archevêque de Bordeaux, M. de Gicé, tantôt avec le concours de l'évêque de Langres, M. de la Luzerne. « Quinze jours avant

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