‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 335 sur 362 · Eodem, p · texte numérisé non relu

Eodem, p

l'ouverture des Etats généraux, dit-il S j'eus une dernière conférence avec M. Necker et M. de Montmorin, Mgr révêque de Langres en tiers. » On vint à débattre la question du vote par tête et les mesures que le gouvernement devait prendre pour en conjurer les périls. « L'évéque de Langres, qui était un excellent citoyen, d'une sagesse éclairée, s'empara de la difficulté avec sa vivacité modeste, et proposa l'expédient, qu'il produisit depuis, dans la chambre du clergé, de réduire les trois ordres à deux, le premier réunissant tous les nobles qui se trouvaient réunis dans les trois, et le second composé des non-nobles. Ce plan, que j'approuvais, parce que je ne trouvais rien de pire que de n'en pas avoir, et parce qu'il n'y avait peut-être pas d'autre manière de débuter, ne con^vint point aux ministres, quoique monseigneur de Langres s'appuyât de toutes mes raisons et des siennes, développées avec autant de force que de précision. Il démontrait victorieusement l'impossibilité de conserver , dans l'état actuel, la division des ordres et le danger d'une seule réunion, le chaos qui devait en résulter, la propension des curés à toutes les idées démocratiques. Il voulait avec raison balancer le poids d'un ordre par l'autre; et le roi, médiateur entre deux, adoptant toutes les idées raisonnables que l'opinion publique consacrait, ne pourrait que triompher de toutes les résistances dans l'un et l'autre sens. Ce plan de monseigneur l'évêque de Langres n'eut peut-être que moi pour approbateur; non seulement les exagérés des trois ordres, mais beaucoup d'hommes, qui ne l'étaient pas, le rejetèrent également, les uns pour un motif, les autres pour un autre. Tous les députés que je pus voir, avant l'ouverture des Etats, les plus modérés, les plus éclairés, les plus habiles,

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