‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 343 sur 362 · Mémoires, p · texte numérisé non relu

Mémoires, p

France, est encore envisagée par bien des personnes comme un problème... Je ne prétends point décider si le ministre a rendu à la France un serVîce essentiel, en la garantissant effectivement de la famine, ou si, parla plus noire des perfidies, cette affreuse calamité n'a été supposée que pour propager des manœuvres odieuses. . . » Tout le morceau est écrit dans ce ton; c'est un curieux exemple des écarts dans lesquels la passion politique peut faire tomber un galant homme. J'y vois en outre un spécimen des sentiments, qui régnaient au sein de ce gouvernement occulte, dont Barentin était un des chefs les plus actifs et les plus écoutés. J'y vois surtout la preuve, qu'avec un ministère composé comme l'était celui de Louis XVI à la veille de la Révolution française, toute direction sérieuse était matériellement impossible. Supprimez d'ailleurs cette longue succession de mauvaises récoltes, dont parle Malouet, et sur laquelle nous avons déjà donné des détails positifs. Supprimez l'affreux orage du 13 juillet 1789, la grêle s'abattant sur nos campagnes, et détruisant en quelques minutes le dernier espoir d'une moisson déjà fort maigre. Vous n'aurez peut-être pas la disette, au véritable sens du mot; mais vous aurez encore la misère, une épouvantable misère. Car enfin, Barentin lui-même ne va pas jusqu'à nier les rigueurs d'un hiver sans exemple, tel qu'on n'en avait pas vu depuis 1709. Les détails de ce fléau sont trop connus, pour qu'il soit utile d'y insister ici. Qu'il me soit permis seulement de rapporter un mot de Mirabeau, écrivant à son ami le major de Mauvillon, sous le coup d'impressions encore palpitantes, et lui disant * : « Le froid a été le même partout. On dirait que l'ange exterminateur avait frappé l'espèce humaine. » Il n'est question là que du froid. Encore, c'est en Provence,

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