Annales françaises, p
2 Mémoires, p. 140.
vince. « Les gentilshommes, dit-il alors S rassemblés à Rennes, triomphaient de la prochaine convocation de leurs états. Mais le gouvernement travailla sur-le-champ à faire de l'objet de leur triomphe l'instrument de leur punition. Il employa dès lors toute son influence à susciter les prétentions du tiers contre Tordre de la noblesse; et le maréchal de Stainville, envoyé pour commander dans la province, et les principaux dépositaires de l'autorité du gouvernement, eurent ordre de diriger les esprits vers ce mouvement, et de former une alliance défensive entre le peuple et la couronne, contre ce qu'on appelait l'insurrection des nobles. » En supposant ces faits exacts, il ne faut pas oublier qu'en août 1788 Brienne et Lamoignon touchaient à la fin de leur pouvoir. Quelles que soient les instructions, qu'ils aient transmises à leurs agents en Bretagne, ils ont à peine eu le temps de les leur faire parvenir. Quand ils sont tombés, les choses étaient encore entières et laissaient à leurs successeurs la pleine liberté de suivre un autre système. Un passage des Mémoires de Bouille semblerait, au premier abord, autoriser des conclusions plus précises. Il est ainsi conçu ^ : « Des écrivains connus par leur talent, par leur esprit factieux et révolutionnaire, furent envoyés dans les provinces pour enflammer le peuple et répandre, par leurs discours et leurs écrits, les principes d'égalité et de liberté qui pouvaient le soulever contre les ordres privilégiés et le préparer à leur destruction. A cet efl'et, Mirabeau fut en Provence, Volney fut en Anjou et en Bretagne, d'autres moins connus se répandirent dans différentes provinces. Paris était inondé d'écrits incendiaires, tolérés par le gouvernement et dont les auteurs étaient ouvertement protégés. » On s'est fondé sur ce texte pour soutenir que les