‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 38 sur 362 · Mémoires de Brissot, t. III, p. 61 et suiv · texte numérisé non relu

Mémoires de Brissot, t. III, p. 61 et suiv

à la liberté. V Analyse des papiers anglais était un foyer d'où s'échappaient mille lumières. Tout ami du bien public devait chercher à les répandre, et, loin d'envier lâchement la fortune de ce journal, il fallait l'augmenter de tous ses efforts. Aucun de nous ne devait donc rester étranger à son succès. Ceux qui le connaissaient avaient dû voir qu'il était alors le seul consacré à naturaliser parmi nous les grandes vérités politiques, qui avaient assuré une constitution à l'Angleterre, et qui devaient en donner une à la France; que c'était le seul où ces vérités fussent développées avec autant de force et de clarté. » A l'aide de ces renseignements, dont la précision ne laisse rien à désirer, on peut se rendre un compte sûr du rôle que Mirabeau joua dans les luttes de la presse en 1788. S'il ne dédaigna pas les faveurs des ministres, il ne leur sacrifia jamais l'indépendance de ses opinions, et s'il continua de défendre la cause de la Révolution, c'est en la plaçant sur le terrain des principes constitutionnels, bien au-dessus des .rivalités et des misères du jour. C'est avec une entière sincérité que lui-même il a pu écrire, le 21 août, à son ami le major de Mauvillon * : « Il y a dix mois et surtout six, que je suis en butte à toutes calomnies du monde parce que, dans la conversation, je ne partage pas le fanatisme parlementaire, et que je n'ai pas écrit une seule ligne pour le parti de l'opposition. A la vérité, je n'en ai pas écrit davantage pour l'autre côté. J'ai toujours cru qu'entre le roi et le parlement, il y avait un pauvre petit parti obscur, appelé la nation, dont les gens de bon sens et de bonne foi devaient être. »

Ainsi l'analyse scrupuleuse des faits est loin de justifier les conclusions absolues que certains auteurs ont cru pouvoir en tirer. D'autres motifs encore nous rendent

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