Considérations sur la Rév. fr., t. I, p
une attitude moins hostile. Elles ne réussirent pas mieux à capter la bienveillance du tiers état, qui n'y vit qu'un leurre indigne de sa confiance. Gomment croire au libéralisme subit d'hommes qui venaient d'essayer un coup d'état à la façon du chancelier Maupeou? « L'archevêque de Sens, dit à ce propos Mme de Staël ^ excita le tiers état pour s'en faire un appui contre les classes privilégiées. Le tiers état fit dès lors connaître qu'il prendrait sa place de nation dans les États généraux ; mais il ne voulait pas tenir cette place de la main d'un ministre, qui ne revenait aux idées libérales, qu'après avoir vainement tenté d'établir les institutions les plus despotiques. » Veut-on la preuve de cette répugnance invinsible? Le premier exemple en est donné par l'assemblée de Lambesc. Si les communautés provençales avaient espéré le moindre appui du gouvernement, elles ne se seraient pas prononcées avec tant d'énergie contre les édits de mai. Elles auraient au moins gardé la réserve, qu'il semblait avoir mérité d'elles en leur restituant le droit de se réunir. Plus récemment, l'assemblée de Vizille lui avait montré quel cas le tiers état faisait de ses concessions tardives et de ses promesses sans garantie. Brienne voyait tout lui manquer à la fois, même le clergé de France qui se sépara le 27 juillet, ne lui laissant qu'une maigre aumône. C'est alors qu'il se décida à sortir, coûte que coûte, de l'impasse où il se débattait en vain, et à prendre la mesure décisive devant laquelle il avait jusqu'alors reculé.
Le 8 août 1788 parut un arrêt du conseil, qui fixait au 1" mai de l'année suivante l'ouverture des États