Mémoires de Weber, p
que avec les restrictions et modifications nécessaires, et que peuvent exiger les besoins de certains ressorts et les privilèges de certaines provinces, elle continue à poursuivre, comme elle se le propose, l'exécution de ce qu'elle a ordonné pour la réformation de la justice dans son royaume, il ne restera aucun doute à ses sujets qu'elle ne soit uniquement occupée de leurs intérêts. C'est à eux qu'il importe que les juges soient rapprochés des justiciables; que les degrés de juridiction et les tribunaux ne soient pas indiscrètement multipliés ; enfin que le pauvre ne soit pas dans l'impossibilité d'obtenir justice par l'impossibilité d'y avoir recours» Aussi Sa Majesté ne négligera-t-elle rien pour procurer ces avantages à ses peuples ; et, fidèle au système dont l'intérêt public, encore plus que celui de son autorité, ne lui permet pas de s'écarter, elle ne tolérera pas qu'aucun corps particulier transgresse les bornes qui lui sont prescrites, en même temps qu'elle se plaît à remettre la nation dans l'entier exercice de tous les droits qui lui appartiennent. » Les motifs de la disposition sont ici plus curieux que la disposition elle-même. Ils montrent avec quelle persistance le ministère essayait jusqu'au bout de masquer sa défaite, tout en se vengeant des adversaires, qui avaient le plus contribué à la lui infliger.
Tel qu'il est l'arrêt du 8 août restera dans notre histoire comme un acte d'importance capitale. Sur ce point, le sentiment des contemporains est presque unanime. « A dater de ce jour », dit avec raison l'un des plus impartiaux S « il n'y avait plus de cause humaine qui pût empêcher l'assemblée des États généraux, si ce n'est peut-être une guerre extérieure et le roi à la tête de son arrnée. » Mais comme le' désarroi des finances