‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 45 sur 362 · Mémoires de Weber, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Weber, p

une somme assez considérable, qui ne devait être employée qu'au profit de cet établissement. Bientôt, il se vit réduit à faire quelque chose de pire encore. « Une grêle affreuse venait de ravager les campagnes à vingt lieues autour de la capitale ^ : la bienfaisance du public avait été sollicitée pour porter des secours aux malheureux cultivateurs ruinés; un emprunt de douze cent mille livres en forme de loterie avait été ouvert à cet •effet; Loménie, dans sa détresse, avait encore pillé ce dépôt sacré. » Bien entendu ce n'était pas à Taide de moyens si misérables qu'il pouvait combler le gouffre -entr'ouvert sous ses pas. A peine s'il parvint à retarder lie quelques jours le moment où il dut faire l'aveu public de son impuissance.

Pendant la journée du 16 août, on entendit tout à coup crier dans les rues de Versailles et de Paris un nouvel arrêt du conseil concernant r ordre et la forme des paiements. Sous ce titre mitigé, dont Rivarol avait fourni Tidée à Brienne, se cachait, sinon une véritable banqueroute, du moins un atermoiement, que l'État imposait à la majorité de ses créanciers. Les remboursements ou payements à faire en capitaux, pour quelque cause que ce fût, étaient retardés d'une année. Jusqu'à la fm de 1789, les dépenses courantes, même les arrérages des rentes perpétuelles et viagères, devaient être acquittées partie en argent et partie en bons du trésor productifs d'intérêt à 5 0/0, sans indication d'échéance fixe. Encore, sous prétexte que ces bons ne pouvaient être prêts avant le l^"" septembre, tout versement dans lequel ils devaient entrer demeurait suspendu jusqu'à •cette époque. Voilà ce que l'arrêt du 16 appelait, par un singulier euphémisme, régler Tordre et la forme des payements. Après le premier moment de stupeur,

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