‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 51 sur 362 · II · texte numérisé non relu

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attristé les troubles de Bretagne et ceux de Dauphiné, il insiste sur les mêmes craintes. Il revient aux mêmes prévisions en ces termes : « On souffre ici du manque d'argent, de la cherté du blé ; Tautorité du roi est presque entièrement perdue par l'abus qu'en ont fait les ministres ; la désunion est générale entre les différents ordres de l'Etat. Une crise violente approche. »

Vrai ou faux, le mot attribué à Necker résume une idée parfaitement exacte. Les quinze mois de l'archevêque de Sens avaient métamorphosé les choses et les esprits. Auparavant, il ne s'agissait que de réformes, et même, à vrai dire, de réformes financières. A la fin, la Révolution apparaissait comme prochaine, inévitable. La seule question était de savoir s'il était encore temps de la diriger, et Necker craignait qu''il ne fût déjà trop tard.

La rapidité de ce mouvement n'a rien qui puisse surprendre quiconque en a sondé les causes. C'est ici le cas d'appliquer ce que le comte de la Marck a dit de la Révolution elle-même, considérée dans son ensemble * : « Tout le monde en France, depuis le roi jusqu'au dernier de ses sujets, avait par intention, action ou omission, pris part à cette révolution. Ce n'est que lorsqu'elles s'aperçurent que le mouvement ne suivait pas la direction qu'elles auraient voulu lui imprimer, et que les ruines de l'édifice commençaient à tomber sur elles, que quelques personnes firent, pour le soutenir, des efforts plus dangereux qu'utiles. » Pendant le ministère de Brienne, une effervescence générale s'était emparée des classes dominantes. Ceux qui avaient le plus d'intérêt à

1. Correspondance de Mirabeau avec le comte de la Marck, publiée par M. de Bacourt, t. 1, p. 150, introduction.

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