‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 58 sur 362 · Eodem^ p · texte numérisé non relu

Eodem^ p

sion des punitions corporelles qui les exaspèrent, dénonce les réductions que vient de subir leur paye malgré l'augmentation du prix des denrées. Quand elle ne peut formuler des accusations précises, elle se livre aux imputations les plus malveillantes. Voici, entre autres, un échantillon de son langage. La noblesse du bailliage de Bouzonville « ne peut, dit-elle \ retenir ses gémissements sur la constitution militaire. Cet état, particulièment destiné à la noblesse, depuis le ministère de M. le comte de Saint-Germain, devient, par les dispositions des ordonnances émanées du conseil de la guerre, presque humiliant pour celle des provinces, que le conseil confine dans les grades subalternes, en annonçant que la noblesse de la cour est plus particulièrement appelée au commandement des armées, et en créant des grades qui la portent rapidement aux plus éminents, au mépris de l'ancienneté, de la valeur et des services de gentilshommes, pauvres à la vérité, mais bien souvent issus de maisons non moins illutsres, que celles que leur fortune a mises en état de faire les frais nécessaires pour être présentées pour la noblesse de cour (car il faut lui donner une nouvelle dénomination). Pour cette noblesse, dis-je, la carrière militaire devient financière. Les gouvernements, les commandements, etc., sont son apanage, tandis que la noblesse non présentée n'a plus d'autre espoir que de voir diminuer sa fortune sans espoir d'équivalent. Un enfant, à peine échappé du collège, vient avec un étalage de luxe, humiliant pour les autres, apprendre à un capitaine de grenadiers ce que ce dernier avait enseigné à son père. Dans l'instant où les besoins de l'État exigent la plus grande économie, le conseil de la guerre a employé une quantité d'officiers généraux, suivis d'une nuée d'aides de camp : il a en

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