‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 6 sur 362 · Eodem, p. 112 et · texte numérisé non relu

Eodem, p. 112 et

de justice, il trouva les salles envahies par une foule tumultueuse. Ce ne fut pas sans peine qu'il parvint à prendre séance. Aussitôt, il arrêta ceux qui menaçaient d'enfoncer les portes du greffe, pour en arracher les registres et lacérer le texte des lois nouvelles. Il refusa de s'associer à aucune des mesures de représailles que réclamait de lui une impatience irréfléchie. La fermeté de son attitude apaisa promptement l'effervescence populaire. Dès qu'il se sentit maître de l'auditoire, le premier président lui adressa du haut de son siège les paroles suivantes * : « Vous devez être persuadés que le roi veut le bonheur de ses peuples et que nous ne discontinuerons pas de solliciter sa justice. Mais le moyen le plus sûr d'accélérer le retour de ses bontés, c'est de l'attendre dans le calme et la tranquillité. Aussi retirezvous chacun dans vos demeures. » A ces mots, les magistrats quittent leur place, se répandent parmi les groupes du peuple, et les décident à la retraite. Ils vont ensuite parcourir les rues et les places, portant des conseils de prudence et de modération ; et partout l'émeute se dissipe à leur voix ^ Le parlement resta encore quelque temps à Grenoble, afin de s'assurer que l'ordre ne serait pas troublé. Après quoi, il tint à donner le premier exemple de l'obéissance aux ordres du souverain, et chacun de ses membres partit sans éveiller l'attention, pour le lieu d'exil que lui assignaient les lettres de cachet.

Telle fut cette journée du 7 juin, jadis si célèbre sous le nom de journée des tuiles. Elle nous semble bien terne aujourd'hui, à nous qui, depuis un siècle, avons

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