Sallier, Annales françaises^ p
2. A la fin de la soirée, le Parlement dressa procès-verbal des circonstances qui l'avaient contraint de reprendre momentanément ses fonctions, et de l'usage qu'il en avait fait. Il décida ensuite que chacun de ses membres recevrait une expédition de cette pièce justificative, pour sa sûreté personnelle. Bibl. nat., Lb^», n' 588.
eu le temps de nous blaser sur la gravité de pareils conflits. Mais, songez que c'est elle, où, suivant l'expression de Barnave ', « coula le premier sang qui ait été versé pour la Révolution; » et vous comprendrez sans peine Teffet que son récit dut produire sur la France, encore accoutumée à regarder l'ancienne royauté comme une puissance inattaquable.
Si le calme était rétabli dans les rues, l'agitation continuait à régner dans les esprits. A la vérité, les principaux promoteurs du mouvement dauphinois désavouaient hautement les scènes d'insubordination et de violence, auxquelles ils venaient d'assister malgré eux. Ils en rejetaient le blâme « sur les ministres subalternes de la magistrature ^ ». Incapables de recourir à des procédés si révolutionnaires, « ils y trouvaient seulement un motif de plus pour demander qu'une constitution, solidement établie et sagement balancée, fît tout rentrer dans l'ordre et prévînt à l'avenir ces combats funestes entre le souverain et ses officiers, entre le gouvernement et le peuple. » D'un autre côté, l'on pouvait craindre que le ministère, irrité de son échec, essayât d'en punir la population de Grenoble, et le meilleur moyen d'éviter à celle-ci la rigueur du châtiment était peut-être d'associer à sa cause la province tout entière. Quelques jours après le départ du parlement, la commission permanente de la noblesse, restée seule à la tête des affaires du pays, imagina de convoquer le haut clergé, les gentilshommes de la ville et des environs, le corps municipal, et les membres les plus distingués du tiers état,