Malouet, Mémoires^ t. I, p
2. Rivarol assigne même aux capitalistes un rôle peut-être exagéré dans les débuts de la Révolution. « Les capitalistes, dit-il, par lesquels la Révolution a commencé, n'étaient pas si difficiles en constitution, et ils auraient donné la main à tout, pourvu qu'on les payât. » Mémoires^ p. 186. « Soixante mille capitalistes et la fourmilière des agioteurs ont décidé la Révolution. » Eodem, p. 13o Rivarol cite en note les prin- ■cipaux banquiers de Paris, Laborde-Méréville, Boscary, Dufrénoy, comme les chefs du parti révolutionnaire, et ayant mis à sa disposition des sommes considérables.
financier avaient été bien plus criants dans les temps antérieurs (ceci est-il bien sûr?); mais il s'était fait depuis, dans le gouvernement et dans la société, des changements qui rendaient ces vices plus sensibles
qu'autrefois Jamais la fortune de l'État et la fortune
particulière n'avaient été autant entremêlées. La mauvaise gestion des finances de l'État, qui n'avait été longtemps qu'un mal public, devint alors pour une multitude de familles, une calamité privée De là vint
que les rentiers, les commerçants, les industriels, et autres gens de négoce ou hommes d'argent, qui forment ordinairement la classe ennemie des nouveautés politiques, la plus amie du gouvernement existant, quel qu'il soit, et la mieux soumise aux lois, même qu'elle méprise ou qu'elle déteste, se montra cette fois la plus impatiente et la plus résolue en fait de réformes. Elle appelait surtout à grands cris une révolution complète dans tout le système des finances, sans penser qu'en remuant profondément cette partie du gouvernement,, on allait faire tomber tout le reste K »
Enfin une dernière cause contribua à développer dansl'esprit de la bourgeoisie une hardiesse d'idées dont jusqu''alors elle ne semblait pas susceptible. C'est la multiplication et Tinfluence toujours croissante des clubs. En général, les établissements de ce genre passent pour une importation anglaise, introduite chez nous par l'effervescence révolutionnaire; mais une étude plus attentive démontre ici encore, que la Révolution n'a fait que suivre les traces de l'ancien régime. Le premier club, fondé à Paris, remonte à l'année 1782 \ Le duc de Chartres venait de faire abattre les magnifiques plantations, qui couvraient les dépendances du Palais-Royal, afin d'édifier en bordure les galeries marchandes, qui