Droz, Histoire de Louis XF/, t. I, p
existent encore. Par suite de cette transformation, une foule de flâneurs, accoutumés à se réunir sous Tombrage d'arbres séculaires, et à y causer librement des nouvelles du jour, se virent troublés dans leurs habitudes, sans savoir comment ni par quoi les remplacer. Un spéculateur conçut l'idée de leur offrir un asile dans un appartement voisin, où il promettait de mettre à leur disposition les journaux, les brochures, et les principales publications de l'époque. Zélé sectateur des usages anglais, le duc de Chartres enco^Vagea l'entreprise, et, grâce à son patronage, le lieutenant de police n'osa pas y apporter d'obstacles. L'ouverture du nouveau club, désigné sous le titre de club politique, fut autorisée, à la condition que les abonnés n'y parleraient ni des affaires du gouvernement, ni de celles de la religion. Telle fut l'origine de ces réunions fameuses, qui bientôt allaient remplir le Palais-Royal du bruit de leurs motions incendiaires. Celle-ci était d'allures modeste?. Peu après on en vit une autre, plus brillante, s'installer, sous le titre de Club du Salon, dans des appartements luxueux situés près de la salle Favart ^ Elle était composée, dit un de ses membres, « de personnes distinguées de la noblesse ou de la haute bourgeoisie, ainsi que des artistes et des hommes de lettres les plus considérés », et elle « offrait, pour la première fois, l'image d'une égalité, qui devint bientôt, plus que la liberté même, le vœu le plus ardent de la plus grande partie de la nation *. »
L'exemple ainsi donné trouva de nombreux imitateurs aussi bien en province qu'à Paris. Nous avons déjà parlé des Sociétés de lecture fondées à Rennes. Chaque ville de France voulut avoir quelque établissement de même nature. Si le gouvernement n'encouragea pas cette