‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 67 sur 362 · Mémoires, t. IV, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. IV, p

pour les innovations politiques. De ce nombre étaient Lafayette, d'Éprémesnil, Sabathier, etc.. Il y avait une autre société moins nombreuse d'écrivains qui employaient leur plume à préparer cette révolution. C'était dans des dîners qu'on agitait les questions les plus importantes. J'y prêchais la république : mais à l'exception de Glavières, personne ne la goûtait. D'Éprémesnil ne voulait déhourbonnailler la France (c'était son mot), que pour y faire régner le parlement. Bergasse voulait un roi, et deux chambres, mais il voulait surtout faire le plan seul, et que ce plan fût rigoureusement exécuté : sa manie était de se croire un Lycurgue. Les succès de Mesmer et de Gagliostro lui causaient un tourment dévorant. »

Tout en critiquant le zèle de ses émules, Brissot n'était pas moins dévoré qu'eux de l'envie de se mettre en évidence. Durant le ministère de Brienne, il avait fondé à Paris cette société des Amis des noirs, dont nous avons déjà parlé à propos du journal de Mirabeau. Elle était censée ne consacrer ses efforts et ses ressources qu'à l'abolition de la traite, comme le faisaient plusieurs associations du même genre, qui fonctionnaient déjà en Angleterre et aux États-Unis. Mais son titre philanthropique déguisait une nouvelle machine de guerre braquée contre l'ancien régime. Aussi n'est-il pas sans intérêt de connaître les membres, qui contribuèrent à son établissement. G^est une occasion de passer en revue une notable partie du personnel révolutionnaire à la veille de 1788. « Onze membres en furent avec moi les fondateurs, nous dit Brissot lui-même; Garra, Debourge, Gerisier, et ce jeune et infortuné Valady, qui partage aujourd'hui la proscription des plus vertueux et des plus fidèles amis de la patrie, étaient du nombre... Il faut

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