Mémoires, t. IV, p. 54 et suiv
aussi comptera leur tête Bergasse et Mirabeau. Lafayette ei\ fut un des plus zélés et des plus fermes soutiens. Il n'avait pas assisté à notre première réunion, mais il avait promis à Glavières ses bons offices auprès des ministres. » En effet il tint parole, et, grâce aux relations qu'il continuait d'entretenir avec l'archevêque de Sens, son intervention ne fut pas sans résultats pour l'avenir de la société. » Brienne « avait feint devant lui de voir ^vec douleur l'existence de la traite... Tout cela était de véritables paroles de cour, et Lafayette le savait aussi bien que moi; mais au moins il avait présenté la société sous un aspect inoffensif, et c'était un grand point pour sa tranquillité et son existence, sous un gouvernement encore despotique. »
Lafayette rendit encore aux amis des noirs un autre :genre de services, en leur procurant des adhésions précieuses \ telles que celles des ducs de Larochefoucauld, d'Havre, de Gharrost,et du marquis de Gondorcet. A son tour celui-ci présenta Diétrick, le comte de Rochechouart, le vicomte de Valence, les deux chevaliers de Lameth, etc.. Bientôt à ceux-ci se joignirent : « Lubersac, évêque de Ghartres, Brack, censeur royal et directeur général des traites, le marquis de Beaupoil de Saint-Aulaire (mort pair de France sous la Restauration), le marquis de Pampelune, Lanthenac, Grèvecœur...; » puis des savants comme Lacépède et Lavoisier, des écrivains comme Volney, même « quelques femmes d'un esprit supérieur et d'un cœur voué au bien de l'humanité, telles que la marquise de Baussans, la comtesse de la Seinie et Mme Poivre. » Quand on parcourt les procèsverbaux d'admission, dont quelques-uns ont été conservés, on est fort surpris d'y lire des noms qu'on ne s'attendait pas à rencontrer dans un pareil milieu, ne