POPULARITÉ DE NECKER
cesseur de Loménie, pour être bien vu du public; mais Necker, rappelé en ce moment, présentait des espérances qui semblaient surpasser tout ce qu'on avait eu jusqu'alors d'inquiétudes et d'alarmes. Son retour fut presque universellement envisagé comme un bonheur auquel on n'eût pas osé prétendre : une première administration de quatre années, dont les apparences avaient été heureuses, lui avait acquis une telle confiance, parmi les gens intéressés au payement des rentes et effets royaux, qu'ils le regardaient comme le seul en état de relever le crédit public anéanti. » De son côté \ Bésen^ val, qui ne lui était pas encore attaché par les liens d'une reconnaissance personnelle, résume ainsi le spectacle auquel il assiste sans enthousiasme, comme sans esprit de dénigrement : « Il est certain que M. Necker est peut-être le seul exemple d'un administrateur, qui soit parvenu à réunir autant de voix et une opinion de confiance aussi générale. Il n'avait contre lui que ceux qui cherchaient à s'enrichir aux dépens des autres, à profiter de la détresse publique pour faire une prompte fortune, ainsi que les courtisans, qui craignaient de trouver son austérité en opposition du produit qu'ils attendaient de leur faveur. On redoutait encore de grandes économies : on les sentait nécessaires. Quant aux hommes qui jugent froidement, ils doutaient que Necker pût suffire aux grandes idées, que les circonstances pressantes exigeaient de lui. »
Mais tous ces témoignages ne sauraient encore donner une idée de l'engouement que suscita dans certains esprits le retour inattendu de Necker. « Il parut, dit Rivarol % au moment où ce ministre fut rappelé, une brochure d'un M. Bouys... Dans cet ouvrage, on exposait avec franchise, d'un côté, l'extrême faiblesse dugou-