‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 79 sur 362 · Geffroy, Gustave III et la cour de France, t. If, p · texte numérisé non relu

Geffroy, Gustave III et la cour de France, t. If, p

des suffrages qui saluèrent sa rentrée. Si tout le monde se prononçait pour lui, c'est qu'il n'offusquait personne. S'il n'offusquait personne, c'est qu'on ne lui connaissait pas d'idées arrêtées sur les questions du jour. Parmi ceux qui, depuis, l'ont déchiré à belles dents, la plupart s'empressaient alors de mêler leur voix au concert de l'approbation publique. D'ailleurs les privilégiés n'avaient-ils pas pris leur part de son élévation? Qui donc avait arraché à Louis XVI et à Marie-Antoinette le renvoi de Brienne, sinon le comte d'Artois, le plus fidèle soutien des anciennes prétentions, et ce prince ne pouvait ignorer que la chute de Brienne entraînait inévitablement le rappel de Necker?

Necker avait eu jadis un plan de conduite en rapport avec ses connaissances, ses habitudes et sa capacité. Si l'état des choses lui eût permis de le reprendre, il aurait essayé de le mener à bonne fin. Malheureusement, les tempsétaientchangés. A présent il est trop tard, s'écriaitil, en apprenant sa nomination. Gela voulait dire, il est trop tard pour faire ce que j'aurais voulu, ce dont j'étais capable^ ce que je me sentais la force de réaliser mieux qu'aucun de mes rivaux. Que voulait-il donc? Il l'a raconté un jour dans un passage de son Histoire de la Révolution *, passage dont la sincérité ne paraît pas douteuse : « Il est tant de hasards attachés aux changements politiques, et Ton peut si difficilement en déterminer le cercle, en régler la progression, que, si les États généraux n'avaient pas été promis, j'aurais borné mes soins à tirer un grand parti des assemblées provinciales, et je me serais servi de leur assistance pour améliorer les diverses branches de l'administration, et pour lier plus étroitement le prince et ses sujets. Enfin j'aurais cherché, pour la seconde fois, à faire le bien de

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