II
sembler aux usages et aux institutions politiques de l'Angleterre. Il partageait à cet égard les anciens préjugés des princes français; et ces préjugés, naturels ou sans inconvénients, en d'autres conjonctures, ont fait obstacle au salut public, lorsque de nouveaux temps sont venus et qu'ils ont exigé de nouvelles idées ^ » Ainsi lorsque Necker découvre ou soupçonne, dans l'esprit du roi, une disposition fâcheuse, contraire au salut public, il n'essaye pas de la combattre. Il s'arrête, il recule. Peu importe l'intérêt du pays, celui du prince lui-même. Tout s'efface à ses yeux devant la crainte de provoquer un mécontentement, qui pourrait amener sa disgrâce.
A la vérité, Sallier ' prétend que Necker, désespérant de vaincre les répugnances du roi, n'osant même pas lui communiquer ses réflexions, tenta d'atteindre son but, « par des voies obliques et en se mêlant dans les partis ». N'est-ce pas attacher un peu trop de créance à cette « estime particulière » , que Necker professe, après coup, pour les institutions anglaises? Nous savons déjà qu'il était incapable de se passionner à ce point pour une idée, pas plus pour celle-là que pour une autre. Enfin nous allons voir qu'il ne se jeta jamais dans aucun parti, et qu'il préféra chercher à les satisfaire tous.
C'est le 25 août que la démission de Brienne avait été acceptée. Le 26, Necker fut nommé directeur général des finances, et le 27 il reçut le titre de ministre d'État. Néanmoins son second ministère ne commence véritablement que le 14 septembre, après la chute de Lamoi-