Mémoires de Weber, p
vernement. Il s*agit de sauver la monarchie ou de la perdre pour toujours. On vient de s'adresser à Necker comme le seul homme capable de la sauver. Sans doute, pour lui faciliter l'accomplissement de cette lourde tâche, le roi va lui laisser le choix de ses collaborateurs, ou du moins prendre son avis sur les candidats qui se présentent. Pas du tout, le roi les nomme à sa guii-^e. Et sur qui tombent ses préférences? Sur un magistrat dont jadis Miromesnil lui a recommandé les vertus ! Notez que Miromesnil est ce trop fameux ministre qui, après avoir contrecarré les plans de Turgot, a fmi par décider sa disgrâce et par faire commettre au malheureux Louis XVI, Tune des plus grandes fautes de son règne. Ajoutez qu'à peine nommé, Barentin, fidèle aux traditions de son protecteur, ne dissimula pas l'antipathie profonde que lui inspirait la personne du directeur général, dont il ne cessa de combattre les projets et de calomnier les intentions. Necker ne gagna qu'une chose à cette nomination irréfléchie: au lieu d'un rival intelligent et qui exerçait un grand empire sur l'esprit du roi, il vit entrer au conseil un ennemi sans valeur, et qui, pendant quelque temps, n'y exerça pas la moindre influence.
Quoi qu'il en soit, Lamoignon « quitta le ministère, la veille du jour où devait se tenir le lit de justice S et pendant qu'on en faisait les apprêts.... Des secondes lettres de cachet furent expédiées aux magistrats pour révoquer les premières. Tout ce qui pouvait nuire encore au rétablissement de l'harmonie fut écarté, les exilés furent rappelés, les prisons d'Etat s'ouvrirent, et il fut permis un instant d'espérer que le souvenir des temps orageux, que l'on venait de traverser, allait être eflacé par une longue suite de jours de paix et de bonheur. » Rien ne s'opposait plus â la rentrée pure et simple du