Considér, sur la rév. fr., U I, p
aurait pu Taccuser d'avoir trahi son devoir, puisqu'il est convenu, dans la doctrine d'un certain parti, que le pouvoir absolu des rois est une chose sacrée. Mais quand l'opinion publique força la cour à renvoyer l'archevêque de Sens et à rappeler M. Necker, les États généraux étaient solennellement promis : les nobles, le clergé et le parlement avaient sollicité cette promesse ; la nation l'avait reçue; et telle était sur ce point la puissance d^ l'opinion universelle, qu'aucune force militaire ni civile ne se serait prêtée alors à la combattre. Je consigne cette assertion à l'histoire. Si elle diminue le mérite de M. Necker, en reconnaissant qu'il n'a pas donné les États généraux, elle place la responsabilité des événements de la révolution là où elle doit être. Car se pourrait-il qu'un homme tel que M. Necker vînt proposer à un monarque vertueux, à Louis XVI, de rétracter sa parole? Et de quelle utilité aurait pu lui être un ministre, dont l'ascendant consistait dans sa popularité, si le premier acte de ce ministre eût été de conseiller au roi de manquer aux engagements qu'il avait pris avec son peuple? Cette même aristocratie, qui trouve plus simple de calomnier un homme, que de reconnaître la part qu'elle a prise elle-même au mouvement général, cette aristocratie, dis-je, eût été la première indignée de la perfidie du ministre : il n'aurait pu tirer aucun parti politique de la dégradation à laquelle il aurait consenti. Quand donc une chose n'est ni morale, ni utile, quelle est l'espèce de fou ou de prétendu sage qui pourrait la conseiller? »
La réponse de Necker, bien que faite sur un ton plus calme, n'en est pas moins remarquable. « Les États généraux, dit-il, étaient promis, ils l'étaient de la manière la plus solennelle ; et les parlements, devenus les gardiens d'un engagement que le monarque leur avait adressé, ne pouvaient se dispenser de veiller à son