‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 130 sur 331 · LA CRISE DES BROCHURES · texte numérisé non relu

LA CRISE DES BROCHURES

Au nombre de ceux qui contribuèrent à affranchir les brochures de toute espèce de contrôle, figure Mirabeau. Nous savons qu'il s'était interdit d'exprimer son opinion personnelle sur les questions du jour, dans la crainte de compromettre une candidature qui lui tenait tant au cœur; mais, la liberté, dont il n'usait pas pour lui, il la voulait pour les autres, pleine, entière, absolue, et il la réclama avec cette éloquence entraînante, quoique un peu emphatique, qui caractérise presque tous ses écrits. Au début d'un ouvrage, qu'il publia à la fin de 1788, sur la Liberté de la presse, et qu'il dit imité de l'anglais, de Milton, je relève le passage suivant * : c C'est au moment où la nécessité des affaires, la méfiance de tous les corps, de tous les ordres, de toutes les provinces, la diversité des principes, des avis, des prétentions, provoquent impérieusement le concours des lumières et le contrôle universel; c'est dans ce moment que, par la plus scandaleuse des inconséquences, on poursuit, au nom du monarque, la liberté de la presse, plus sévèrement, avec une inquisition plus active, plus cauteleuse, que ne VdL jamais osé le despotisme ministériel le plus effréné. Le roi demande des recherches et des éclaircissements sur la constitution des États généraux et sur le mode de leur convocation.., et ses ministres arrêtent Fouvrage posthume d'un des publicistes les plus réputés de la nation '. Et soudain la police, convaincue de sa propre impuissance pour empêcher la circulation d'un livre, eflûrayée des réclamations qu'un coup d'autorité si extravagant peut exciter.., paye les exemplaires saisis, vend le droit de contrefaire, de publier ce qu'elle vient

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